dimanche 13 mai 2012

Travelling n°9 : La Cabane dans les Bois : Ceci n’est PAS une Comédie



Alala j’ai mal à mon enfance… vraiment mal… Et comment ne pas avoir mal lorsque le public et la communauté journalistique bobo (entre Télérama qui pue l’arrogance en spoilant tout le film en une dizaine de lignes et le Figaro ne s’est même pas bougé le cul pour aller le voir ou écrire la moindre ligne sur ce trésor…) s’allient pour faire passer un film qui nous a subjugué du début à la fin pour une vieille bouse poissarde limite bonne à faire rire leurs 6 enfants préinscris à l’École Alsacienne…
Aujourd’hui est un triste jour pour le cinéma que j’aime et qui me conforte un peu plus dans l’idée que nos maîtres à penser préférés sont toujours autant déconnectés de la puissance évocatrice extraordinaire qui peut émaner des films de genre.
Problème typiquement français en somme, qui parasite un hexagone dans lequel on a toujours peur de parler du non-banal et où l’on préfère se réfugier dans un cinéma à visée « naturaliste » en privilégiant le culte du « c’est trop ça » (dédicace aux podcaster ultras modes dans la mouvance teenage)

Je suis donc allez voir La Cabane dans les Bois le jour de sa sortie, sans préjugés ni préavis (muahahah), je n’avais donc pas vu cette fameuse bande-annonce qui en dévoile effectivement un tantinet trop sur l’intrigue et embrouille donc un peu le futur spectateur qui se demande dans quoi il va tomber. Mais n’ayez pas peur ! Car on est bien bien loin de tout ce qui était possiblement imaginable dans le genre…


En effet, L’immense problème d’une grande partie du public au cinéma vient du conditionnement que lui ont infligé les médias (travers dans lequel il m’arrive moi-même de tomber) : la classification des films par genre et donc la hiérarchisation des genres. La faille de ce système, est, à mon avis, que sans connaitre les bases, les références et les classiques de chaque genre, on ne peut comprendre les films qui en font un traitement subversif et inattendu.

Évidemment que j’aime les slashers ! (films illustrant la plupart du temps une bande de jeunes massacrés à l’arme blanche par un ou plusieurs psychos froids et impassibles, Halloween de John Carpenter en est un exemple méphistophélique !).

Mais le slasher, c’est un genre, certes référencé et codé, parfois même violé (Scream qui peut être fut trop subtile ou trop cynique) mais qui n’avait jamais été autant réfléchit, travaillé, détourné et sublimé par une équipe que dans La Cabane Dans les Bois (titre vicelard de par son apparente banalité) produit, réalisé et écrit par les anciens de Buffy Contre les Vampires (Drew Goddard et Josh Whedon) qui ont décidé, non pas de rendre ses lettres de noblesse au slasher (comme le fait avec force Rob Zombie dans des films comme Haloween ou Devil's Rejects) mais plutôt étudient, à travers un scénar aux multiples niveaux de lecture, ce que le genre est devenu depuis Scream 1.

En effet, il est indispensable de remonter un certain temps en arrière pour comprendre la profondeur et l’intérêt de La Cabane dans les Bois :
Tout d’abord il faut absolument avoir vu les anciens slashers type Candyman, les films de Stephen King, de Carpenter, ou des classiques comme Le Loup-garou de Londres et être ne serait-ce qu’intéressé par toute cette mythologie afin de savoir qui sont Hannibal, Freddy, Pinhead, Michael Myers, Jason, Leatherface, Jigsaw et Chucky (pour les plus connus aujourd’hui).


Des références qui, soit vous sont déjà acquises, soit vous ouvriront les portes d’un univers fourmillant d’inventivité, certes bourrin, Gore et trashouille mais qui, la plupart du temps examine avec une précision diabolique la nature sombre de l’humanité, en en questionnant les travers par la personnification de son excroissance putride et symbolique. Autant vous dire que ça défouraille ta grand mère d'avant-guerre.
Si vous ne voulez rien savoir du scénario de La Cabane dans les Bois, il est temps d’arrêter de lire cette chronique et de foncer voir, avec l’esprit grand ouvert ce film jouissif et explosif qui nous fait emprunter des chemins sinueux pour ensuite en dynamiter les tenants et aboutissant.



Pour les autres, on continue : ! SPOILER !

Alors, La Cabane au fond des bois qu’est-ce que c’est ?
Et bien c’est tout simplement la meilleure relecture en ce qui concerne le film horrifique faite pour moi à ce jour.

On commence donc avec une bande de jeunes qui semble regrouper les figures typiques du slasher-movie : pouffiasse, midinette, junky, intello et capitaine de l’équipe de foot (joué par mr Thor en personne).

Mais dès la première scène, les scénaristes nous montrent que ces jeunes ne sont pas vraiment ce qu’ils semblent être, et, alors qu’ils partent passer le week-end dans une maison abandonnée près d’un quelconque lac, ils s’interrogent tour à tour sur leur changement d'attitude (qui les fait petit à petit correspondre aux clichés précités). 




La jeune fille prude l’est donc depuis peu, tout comme la blondasse qui vient en fait de se teindre les cheveux et commence à éprouver comme par magie une attirance incontrôlable pour les minis-shorts. L’athlète s’étonne de perdent ses neurones au fur et à mesure que l’intrigue progresse et devient le prototype du parfait macho tête à claques…
 
Arrivé alors aux frontières du monde civilisé (dont le dernier signe est une station-service, qui elle aussi semble abandonnée, mais dont tous les aspects crient en cœur « GO AWAY OR DIE ! »), nos joyeux lurons ne semblent toujours pass décider à flairer le traquenard...

C’est à partir de là que le film prend une véritable tournure intéressante puisqu'il démonte tous ces codes du genre horrifique pour en disséquer l’emprise évocatrice qu’il a sur nous (ou justement qu'il n'a plus).
 
Nous retrouvons alors une équipe de scientifiques cyniques jusqu’à la moelle qui, non contents d’observer les jeunes écervelés (expression datée de 1856) par le biais de tout un attirail électronique, s'amusent à déclencher de manière pseudo-scientifique la baisse de QI générale du groupe de teenager... (et accessoirement se prépare à leur envoyer un monstre tueur d'américain sur la gueule (autant dire tout européen normalement constitué accepterais de se charger du boulot).

Ainsi, donc, et comme tout le monde s’en doute, des évènements étranges commencent à se produire dans la maison et c’est une famille entière de Zombis-Rednecks-Mormonts-Psychopathes qui est lâchée par les scientifiques sur la cabane (au fond du jardin, oui bah on était obligé de la faire celle-là).

C’est à ce moment précis que le public du film se scinde en deux camps : d’un côté il y a les ultra-cyniques (société de merde !) qui commencent à se marrer comme des otaries bourrées à la bière (vous chercherez l’auteur de la citation) parce que « franchement, c’est trop drôle les jeunes qui se font massacrer par des morts-vivants sadiques » et ceux qui rentrent réellement dans le récit, qui acceptent d'être dupe le temps d'un film, qui stresse pour les personnages et rêvent de leur survie (les amoureux du genre font la plupart du temps partie de la deuxième catégorie).


En effet, sans dévoiler les retournements de situations qui nous permettent de regarder, tantôt plongés dans l’action, tantôt avec distance, l’aventure des personnages et de leurs tortionnaires/fonctionnaires (comprendrons les initiés),
on retiendra donc cette scène nihiliste au possible en travelling circulaire qui nous montre la petite sauterie des bureaucrates, fiers de leur réussite tandis qu'en arrière-plan, sur les écrans, la jeune fille se fait tabasser jusqu'à en vomir... Cette scène dérange d'autant plus que certains de vos voisins la regarderont le visage déformé par des rictus cyniques non dissimulés si ce n'est un éclat de rire désespérant.

Alors qu’on se le dise : Ce film n’est pas une « comédie horrifique à la Scream 4 » putain de bordel d'IronMan qui pisse dans sa combi quoi !

Le Tandem Whedon-Goddard, nous prouve qu'ils ont aimé, compris, digéré, sublimé et même contesté les codes du film d'horreur tel qu'ils nous apparaissent depuis leurs naissance, et ça, ça fait plaisir ! (cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu un film du début jusqu'à la fin, la bouche ouverte et la bave au lèvre).



Remballez-donc les avis des pseudos spécialistes du cinéma, qui comparent Klapisch à Audiard et pensaient que le Seigneur des Anneaux est un roman sur l’Apartheid (véridique), trouvent que "Twilight, c'est quand même une belle ode à Shakespeare" et courez voir ce putain de film qui m’a littéralement subjugué autant par sa profondeur évocatrice et critique sur notre manière à nous, spectateurs, d’aborder le slasher que par son final aussi jouissif qu’une cosplayeuse sexy un soir de pleine lune (mais pour de toutes autres raisons).

Et si vous y aller avec assez d’ouverture d’esprit, vous pourrez bien vous laisser embarquer par ce chef-d’œuvre d’inventivité qui, à la différence d’autres sorties de la semaine (dédicace à Dark Shadows, chronique à venir), ne tombe pas dans le recyclage de thématiques envahissantes sans en faire avancer la réflexion d’un iota !




mardi 8 mai 2012

Travelling N°8 : Avengers : Le Renouveau de Marvel


Ça y est ! Finis les vacances, et bonjour les responsabilités, les problèmes, les quadras-bourgeoises-mères-célibataires-habillées-comptoir-des-cotonniers qui arpentent les rues de Paris en se pinçant très fort les lèvres, les affiches lacérées (limites violées) des élections présidentielles, les appels du rédacteur en chef du Figaro qui me harcèle pour m’avoir dans sa team, et surtout le retour des galères en tous genres, notamment d’argent (vie étudiante oblige).
Mais c’est aussi le retour de mes chroniques cinéma ! Je sais qu’elles vous ont manquées ne niez pas ! … s’il vous plaît…
 
Alors, (non pas que j’ai boudé les salles obscures pendant les vacances, mais un petit vent de congé m’a empêché de vous parler du romantico-gore Rec3, du débile mais très chouette Battleship ou du génialissime et presque kubrickien Twixt) je me suis retrouvé après ma première journée de travail à l’UGC Montparnasse. Pour voir dans les conditions les plus extrêmes, le meilleur film Marvel que j’ai vu depuis bien longtemps ! Je veux bien sur parler du terrifiant ! (coup de trompette) de l’indestructible ! (re-coup de trompette) du flamboyant Avengers de Joss Whedon !


 

Bon, une petite anecdote d’abord pour ce film que j’attendais moyennement, l’imaginant au mieux comme un patchwork pour grand public réussi et au pire le ratage total auquel tout le monde s’attendait après les casseroles marvel comme Thor, X-Men Origines : Wolverine, le Punisher, les 4 Fantastiques, Daredevil ou encore Elektra… (J’en fais encore des cauchemars). 


Sans mentir, je m’attendais donc à un plantage à la Green Lantern, formaté et attendu lorsque je payais ma place avec le supplément 3D et Lunettes (ouille j’en ai mal aux fouilles).

C’est donc après avoir dérangé toute une rangée pour aller m’assoir sur un fauteuil dont le siège a brusquement cédé lors de la pub Cartier de 20 minutes m’ayant placé dans la situation cornélienne de choisir entre : me faire haïr une nouvelle fois par les jeunes filles à ma droite ou bien de regarder le film accroupi sur une banquette en pente, que la film commença et sont lot de surprises avec.

Le choix fut vite fait lorsque je me plongeais avec effrois dans le regard de cocker de ma voisine au parfum trop cher qui semblait dire « n’y pense même pas si tu tiens à ta mèche ». Je vis donc l’intégralité du film en équilibre semi-conscient rendu plus ardu encore par les effluves Burberry qui m’embaumaient de leurs senteurs vomitives (oui moi aussi je peux faire de la poésie ! ps : dédicace à Louise Bourgoin). L’enfer.

Et malgré tout cela, Avengers ne m’a pas déplu, et je suis sorti de la salle avec un sérieux mal de dos mais aussi un sourire un peu rêveur qui ne me quitta pas de la soirée.
 Pourquoi me demanderez-vous ? (Si si demandez moi !) Et bien car malgré sa condition très inégale, Avengers fût une réelle surprise et un ambitieux retournement de situation qui m’a sans conteste mis une petite claque à moi et à mes potes du FanBoyHeroïqueClub qui boudions depuis Spider-Man 3 les films Marvel.

La prod est donc allé chercher Joss Whedon (scénariste et réal de Buffy contre les Vampires, série géniale dont seules les personnes qui n’ont pas suivi les saisons s’amusent à lui cracher sur la gueule et dont le titre est, de l’aveu de Whedon lui-même, une façon de repousser les hipsters faussement arty et geek mais complètent étroits d’esprit lorsqu’il faut vraiment faire preuve d’ouverture. Et BIM  dans ta face Anna-Carolina en TL1! oui je suis un type rancunier) dans le but de donner à cet épisode reliant les intrigues initiées dans L’incroyable Hulk, Iron Man 1 et 2, Captain America et Thor, une cohérence scénaristique et visuelle en un incroyable film d’équipe.

Je le dis tout net, pari réussi ! Dans Avengers, chaque personnage précités a sa place autant du point de vue de son histoire personnel qui le rend moins lisse et plus profond, que de sa place visuelle dans la création du groupe. 

Ainsi, les travers des derniers films Marvel-Disney sont effacés, du moins dans la grille des personnages puisque Thor y est plus arrogant et moins culcul-la-praline, Nick Furry est ambigüe à souhait, Iron Man toujours aussi cinglant et, véritable révélation, Hulk joué par Mark Ruffalo, nous impressionne par son humour autant que par sa fragilité.
 
Une mise point qui s’imposait donc sur les personnages mais qui ne résout pas tous les problèmes de la licence super-héroïque puisqu’on n’évite pas les seconds rôles de faire-valoir inutiles (Œil-de-Faucon, Nick Furry et La Veuve Noire qui survivent miraculeusement à une guerre inter-planétaire qui les dépasse complètement, et ce, juste pour ajouter un capital Jason Bourn pour Jeremy Renner, un capital Bimbo en cuir pour Scarlett Johansson et un Samuel Jackson toujours aussi concerné par son regard "gros yeux" (même si en l’occurrence il n'en a qu'un) pour son capital Black-Badass.). Je commence à faire des doubles parenthèses... il faut que je me calme.


Ce film est donc un Joyeux Mic-Mac époustouflant en matière de réal et d’effets numériques même si elle est parfois peu inventive (comparée à l’œuvre de Sam Raimi), la 3D n’est toujours pas mise au service du fond et pourtant, on ouvre grand les yeux et l’on se marre entre amis devant un film bon autant enfant qu’héroïque.

J’ai donc un avis mitigé sur cet immense blockbuster : en effet, compte tenu des films précédant avec lesquels il devait opérer, les personnages qu’il ne devait pas dénaturer, le grand public auquel ne s’adresse pas forcément les comics et l’armée de fans, lance-rockets en joue qui attendaient le film avec une certaine crispation, Joss Wedon mérite que je m’incline… Il a réussi à faire un film complet et par moment jouissif, qui malgré ses défauts indéniables (dus en majeur parti aux matériaux disney précédents) nous livre un pur film de super-héros, ou l’équipe, les thématiques, les dialogues, l’univers visuel et l’histoire tiennent parfaitement la route.

De là à dire que c’est un chef-d’œuvre, rien n’est moins sûr.

 
J’ajoute d’ailleurs un coup de gueule pour la 1153ème race d’extraterrestres envahisseurs réalisés sans aucun parti pris esthétique ou une quelconque inventivité (mis à part leurs vaisseaux/baleines/mollusques aussi dégueux qu’impressionnants).  

Mais bon, on aurait aimé voire un peu de courage dans l'univers visuel présenté... car après tout une invasion d'un peuple vers l'autre, ça n'est pas anodin, ici, on fait peu de cas de ce genre de détail...



Bref je n’en dirai pas plus mais souvenez-vous qu’Avengers, loin d’être un excellent film, pose de nouvelles bases dans l’univers ciné de Marvel et nous redonne espoir en de futures productions héroïques. En attendant, remattez-vous Spider-Man 2 et Hell Boy 2 qui restent à ce jour les meilleurs films Marvel jamais réalisés et restez à l'affut, avec une impatience non-dissimulée, de la prochaine chronique de votre serviteur l'Araignée !




lundi 9 avril 2012

Travelling N°7 : Perfect Sense : Des Ténèbres à la Lumière




Le printemps arrive à grands pas et je continue pour votre plaisir et surtout les miens à m’enfermer le soir dans de grandes salles noires peuplées d’individus et de couples étranges… Non je ne suis pas un adepte des parties fines du Marais (ce qui ma catégoriserait tout de suite comme chronique chez les inrock’ ou GQ) non : moi je vous parle de cinéma. Le seul, le grand, le vrai ! Celui qui ne fait pas de distinction entre films de genre et film d’auteur, celui que met une bonne paire de claques, qui vous fait cracher toutes vos dents et qui vous donne même envie de vous en prendre une autre (tout en vous faisant chialer deux/trois fois au passage s’il vous plaît).
Ce cinéma qui me fascine, et que je tente de défendre ici, est aujourd’hui incarné par un film qui est, finalement, passé inaperçu (après une diffusion odieusement discrète au festival de Gerarmer et à peine 13 000 entrées quand on sait que La Colère des Titans en a fait plus de 350 000) en France… Attention aux yeux, je parle donc de l’inégal mais très sincère Perfect Sense !
 

Alors Perfect Sens est, contrairement à ce que vous pourrez lire, un film fantastique, une fable philosophique et allez ce n'est pas un gros mot : une histoire d’amour.
Réalisé par David McKenzie (inconnu au bataillon pour ma part), ce faux blockbuster aux allures de film catastrophe (on pense à Contagion de Soderbergh) mais je dis bien seulement « aux allures », est un petit bijou peut-être pas parfait mais l’œuvre d’un véritable artisan.

Un postulat de base simple nous est très vite délivré : Une épidémie inexplicable s’abat sur le monde entier en lui faisant perdre ses sens un à un  (odorat, goût, ouïe…).
Avant la perte de chaque sens, les humains subissent un véritable choc émotionnel avant la perte de chaque sens. Par exemple, avant la perte de l’odorat, une grande mélancolie et un sentiment de vide envahissent la personne comme un virus. Cette vague d’émotion incontrôlable qui rend à l’humanité son unité par ce qui lui est propre à elle seule : la capacité d’éprouver des sentiments.
 
Un thème universel donc, dans lequel se joue une rencontre, celle de deux êtres (Ewan McGregor, cuisiner, et Eva Green, épidémiologie, dont le jeu et l’alchimie fonctionnent parfaitement bien et Dieu sait que ce n’est pas ma chapelle) qui se rapproche un peu plus à chaque strate de la maladie.

C’est donc en s’effondrant dans les bras de McGregor, que la belle Eva rencontrera ce dernier, et c’est à travers la lutte de l’humanité pour continuer à vivre tout en percevant de moins en moins le monde dans lequel elle vit, que ces deux êtres au lourd passé vont entrer en collision.

Portée par une mise en scène très contemplative type Drive (qui ne mérite pas son prix mais qui a le mérite de savoir poser sa caméra), l’histoire aux multiples enjeux nous touche alors personnellement dans ce qu’ils ont d’universel et de sincère. On reste donc émerveillé, ébahit ou dérangé devant ce monde en perte de repères grâce au travail respectueux de l’histoire effectué par le réalisateur britannique qui pousse tous ces thèmes jusqu’au bout pour ne pas en faire de vagues prétextes à la masturbation intellectuelle qu’on a justement vu s’opérer avec Drive…

Malgré quelques défauts comme des séquences de voix off qui nous racontent ce que l’on comprend déjà en regardant l’image, un didactisme assez poussé et un rythme rendu un peu lent par le déroulement prévisible de l’action, Perfect Sense regorge d’effets audacieux et symboliques (séquence muette dans une salle de concerts ou l’on rentre dans le corps d’un sourd qui se prosterne devant les enceintes comme des enfants qui collent l’oreille pour entendre les pulsations d’un cœur faible) sans trop tomber dans le plan poseur et désincarné.

 

Il est donc plus que temps d’abandonner ses aprioris et de courir voir ce film jamais cynique qui nous dépeint avec franchise et optimisme une humanité qui ne trouve la lumière que lorsqu’elle ne voit plus et ça, ça prend aux tripes ! 





samedi 31 mars 2012

Travelling N°6 : Hunger Games : La Révolution chez les Toupoutous






Vous savez, je fais partie de ces gens un peu dérangés, un peu marginaux et un peu fous qui n’excusent pas la médiocrité d’un film juste parce qu’il est en fait moins mauvais qu’on pouvait s’y attendre. Surtout si ce film dépense des millions en effet spéciaux et qu’il ne tient pas forcément la route narrativement… Bon, le fait que j’aime maintenir un pseudo suspens sur le titre des films dont je vais parler dans ma chronique alors qu’il est dévoilé au-dessus, dans le titre vous permettra sans doute très légitimement de vous demander si j’ai un quelconque sens de l’écriture narrative. Et je ne vous en voudrais pas de perdre espoir et de vous en retourner lire les critiques cinéma du Figaro madame… Ou alors vous pouvez vous dire que réussir à tacler le Figaro entre une et deux fois par article sans passer pour un petit con (oui oui), c’est la preuve d’une science de la narration au moins aussi importante qu'un Nolan non ?

Bref ! Quoiqu’il en soit, aujourd’hui je vous parle de l’une de ces nombreuses sagas littéraires (prétendument pour ados) adapté dans un blockbuster gigantesque dont les motivations artistiques ou commerciales(?) (et oui, c’est souvent antinomique) transpirent à travers l’écran comme le parfum trop cher des midinettes du métro parisien : J’ai nommé (roulement de tambour) HungerGames, Acte I.




Bon, on va expédier le cas de Twilight tout de suite : ce sont des bouses irregardables qui ne soutiennent pas deux secondes la comparaison avec Huger Games (malgré tout le mal que je peux penser de ce film). Donc, que tous ceux qui osent ne serait-ce que faire un petit rapprochement de rien du tout entre le renoncement cinématographique total et le cynisme de Twilight et l’ambition, certes défaite au bout de 20mn, mais ambition tout de même d’apporter au scénario bancal d’Hunger Games, un semblant de crédibilité, sortent immédiatement de la salle.

VOILA.

Alors Hunger Games (Les Jeux de la Faim), c’est tout d’abord l’adaptation du roman éponyme de Suzanne Collins, véritable bestseller aux USA et donc évidement grosse production américaine qui cherche à amortir les frais de ses investisseurs… (Quand je vous dis que la thune pourri tout !)

Ensuite l’histoire : C’est l’exemple parfait de la dystopie (« utopie négative » pour mon correcteur qui ne reconnaît pas le mot) avec tout ce qu’elle a d’intéressant et de franchement jouissif : Que l’on parle d’Half Life 2, de 1984 ou de Metropolis, l’utopie négative comme mise en application des travers de notre système poussés à l’extrème pour mieux les dénoncer a toujours été un sujet passionnant mais très difficile à traiter.

Dans celle-ci, on est quelque part au milieu des Etats Unis qui semblent avoir essuyé un guerre très rude ou de lourdes catastrophes naturelles ce qui a permis à un pouvoir autoritaire de s’imposer gouvernant d’une main de fer le pays divisé en 12 Districts dont la plupart sont utilisés comme greniers ou carrières du pays tandis qu’une minorité jouit de ses privilèges.
Un système injuste et tyrannique donc, qui a mené précédemment à une révolte des districts pauvres contre l’entité ville-district appelée : Le Capitole (on se souvient de ses cours d’histoire antique ça peut servir).

Le pouvoir ultra-policier ayant remporté la victoire en écrasant la rébellion, et pour maintenir les perdants dans un état de soumission, organise chaque année le tirage au sort d’un garçon et d’une fille entre 12 et 18ans dans chaque district pour s’entretuer dans la joie et la bonne humeur lors d’un grand jeu télévisé pour le plus grand plaisir de la population du Capitole (et là on ressort son bouquin de mythologie grecque et on relit le mythe de Thésée).  

Le concept est plutôt affriolant non ? Il faut savoir que je suis très client des films d’anticipation, que je ne connaissais pas le réalisateur (donc aucun apriori de ce point de vue-là), et que je n’ai lu aucun des trois livres de la saga Hunger Games.

Et là le problème c’est que je veux bien être de la mauvaise foi la plus crasse lorsqu’il s’agit de défendre un film, pas parfait mais qui m’a complètement retourné, autant là, après 10mn de film, la dure réalité m’a rattrapé comme une ex un soir de Saint Valentin.

Alors oui, le film n’est pas une hérésie mais tout de même pour moi, à trop vouloir ratisser large, il en a perdu la puissance du message universel que semblait transmettre le livre…

Nous sommes donc dans un univers ravagé par la faim (HUNGER games), la violence, c’est un état policier dans laquelle est censé régner une pression dictatoriale constante.

Le film pourtant nous montre, dans la première partie de l’histoire qui se passe dans le District 12 (le plus pauvre),  des adolescents beaux, en forme, qui chassent, pêchent (…nature et traditions bref le rêve de Nihous), qui ne semblent pas si tristes que ça mis à part qu’ils stressent un peu quand même de se faire déchiqueter devant les caméras d’un jeu de téléréalité…


L’univers est édulcoré, il n’a pas d’odeur, pas de grain, pas de personnalité… Malheureusement on oublie une fois encore de travailler les personnages et leur tiraillement face à l’immoralité d’un système qu’ils ont complètement digéré pour certain… (qui vomira le premier ?). Mention spéciale tout de même pour le travail sur le personnage d'Haymitch incarné par le très bon Woody Harrelson. (No Country for Old Men, Zombiland et Tueurs Nés)

Tout est véritablement trop lisse dans ce film (volonté que les jeunes puisse venir le voir à partir de 12ans) ce qui dénature en grande partie l’atmosphère de contestation face à l’ignominie et l’injustice que devait receler le livre.

Et pour preuve la plus évidente, là ou Fukasaku allait, dans Battle Royal (concept similaire et opposé à la fois) au bout du bout de la violence comme vision nihiliste de l’âme humaine engagée dans la survie, Gary Ross signe des scènes de carnage dignes de petit poney contre la méchante sorcière… En effet, tout est fait (sûrement pas une deuxième équipe abreuvée aux codes combat de The Bourne Ultimatum) pour que le spectateur ne soit pas choqué par le sang, l’horreur ou la violence du combat à mort entre ces jeunes gens (on ne voit rien, les morts semblent apaisés, voire endormis etc…).

En témoigne un film complètement schizophrène puisque son fond voudrait révolter tandis que sa forme tente de nous faire passer la pilule… Une déception donc, pour quiconque voulait être bousculé, choqué, désorienté comme on l’est devant Battle Royal, ou Fall Out…

Bref, un film, certes regardable, mais mou et édulcoré qui a (évidement et malheureusement) trouvé son publique…
Donc si vous cherchez du Survival, du vrai, ce n’est pas ici que vous en trouverez car dans Hunger Games, on ne survit pas, on se promène, on fait un peu la gueule quand on doit tuer quelqu’un et on se lave la minuscule tache de sang sur la main pour montrer que « bah c’est quand même traumatisant quoi… comment ? vous ça vous fait rire ? » 


Un film sans âme donc, sans cœur et sans tripes, puisque tandis que je prône un cinéma viscérale dans mon coin, des millions de spectateurs à travers le monde encense cette adaptation fantôme...

Bon alors, allez vous mater Battle Royal, La Colline a des Yeux, l’Armée des Morts ou Hostel 2 (véritables survivals qui cumulent certes de nombreux défauts mais qui sont de véritables œuvres touchant nos émotions) et laissez Hunger Games aux gamines de 12ans puisqu’apparemment c’est la cible de la Warner... (oui je suis aigri et j'ai pas 20ans)


Triste nouvelle pour le cinéma de genre.









jeudi 29 mars 2012

Travelling N°5 : Cloclo : La Puissance de l’Image



 

Oubliez tout ce que vous pensez de Claude François, oubliez tout ce que vous croyez savoir sur les biopics français (film biographique*) et même oubliez tout ce que vous savez du cinéma français… Et puis vous savez quoi, oubliez ce que vous imaginez savoir  sur le cinéma tout court ! Mais vous vous demandez sans doute quelle révolution cinématographique du paysage français suis-je en train de décrire avec cette grandiloquence qui me caractérise si bien (merci merci). Et bien je parle bien sûr, non pas de Polisse, The Artist ou Intouchable qui, il faut le reconnaître, ne méritent pas d’être jetés dans un volcan, mais qui sont tout de même loin, très très loin du fantasmagorique Cloclo dont je vais vous faire la chronique.

Bon. Tout d’abord, oui, taper sur le cinoche français, c’est un peu facile. Ça n’enlève en rien le renoncement cinématographique auquel on est confronté aujourd’hui dans les grandes salles (des films comme la vérité si je mens en sont de très bons exemples.).
En effet, c’est un constat accablant que l’on peut aujourd’hui dresser de notre 9ème art national puisque les bousasses à la sauce Clavier/Reno y sont même parfois plus défendables que les pseudo-branlettes-intellectuelles-pour-étudiant-en-histoire-des-art-qui-mange-bio, censées incarner le summum de la réflexion philosophico-artistique du genre cinématographique…
Alors sous cette couche d’auteurisme prétentieux et crasse, de bien-pensance ultra commerciale, se dresse un espoir, une lueur dans la brume…

ET IL ÉTAIT TEMPS !

Cloclo est donc un film qui annonce une scission (inégale mais nette) dans les casseroles du cinéma de notre douce patrie : à commencer par faire la différence entre les réalisateurs qui savent tenir une caméra (Kassovitz et J.Audiard pour ne pas les citer et, oui, j’emmerde les collabos néo-fascistes qui ne comprennent juste pas ce qu’est le Cinéma, le vrai, le sincère… Fuck le Figaro) et les manches à couille très nombreux et très fier de leurs discours flatteurs, de leur verbiage stupide dont la célébration médiatique (re-Fuck le Figaro) nous donne clairement envie de se la prendre et de se la mordre très fort.

Qu’on se le dise, qu’on l’écrive et qu’on le lise donc, Cloclo de Florent Emilio Siri est un pur chef d’œuvre et je vais tenter en trop peu de lignes de vous expliquer pourquoi :
Bon déjà Claude François, tu t’en fous ? Moi aussi ! Enfin disons que j’en suis pas au point de m’inscrire à la nuit des sosies… Et pourtant et pourtant, je vais gentiment te demander de fermer ta gueule et de mater le nom du réal : FLORENT EMILIO SIRI.

Quand Eastwood te réalise J.Edgar ou que Cronenberg te fais Dangerous Methode, tu dis pas, je m’en fous d'Edgar et Freud, non moi j’aime bien les pirates, je veux des pirates. Tu la fermes et tu fonces le voir.
Et bien avec Siri c’est un peu le même principe. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il est le réalisateur de l'inégal mais prometteur Ennemie Intime, de Nid de Guêpes et Hostage qui sont tous les trois plus bouleversants et brillants les uns que les autres, et ce de par leur nature symbolique inégalée en France puisque Siri a su, dans ces derniers, digérer un mix d’influences et de codes sans jamais tomber dans l’analyse lourdingue (ça c’est mon boulot) et toujours en étant puissamment évocateur. Et ça, c’est ultra-bandant !

Cloclo n’échappe donc pas à ces exceptions du Cinéma, comme l’Ordre et la Moral ou Un Prophète qui s’imposent à coup de Machine Gun comme un bon gros coup de boule dans nos préjugés les plus tenaces.
Siri fait preuve ici de la maîtrise experte d’un Scorcese pour filmer le parcours d’une icône en devenir, sans jamais tomber dans la facilité, puisqu’il dynamite notre inconscient collectif pour mieux nous évoquer de lourdes remises en cause produites elles-même par l’évidence de son montage. Tout simplement sublime. (Ceci est une phrase à relire deux ou trois fois).

Ainsi donc, pour certain plans (notamment ceux des bains de foules de Claude François) on vu la scène presque derrière l'épaule de ce dernier, tandis que pour d'autres, la caméra nous fait prendre du recule et conscience que notre héros de la scène précédente est en fait un type complètement paumé qui ne sait pas s'y prendre pour se faire aimer. Mais l'analyse de ce film n'est pas, à mon sens, très pertinente car ce n'est pas la volonté de Siri que l'on dissèque sa mise en scène (en pourtant, certains plan séquences sont réellement géniaux, notamment celui de la poursuite en voiture).

Non content de nous livrer l’une des meilleures réalisations française actuelle, Florent Emilio a su s’emparer d’un mythe fondateur de plusieurs générations françaises pour y traduire de la façon la plus sincère qui soit ses propres obsessions (besoin d’être aimé sans savoir s’y prendre, perte du père)…

Avec un scénario, transcendé par la mise en scène qui joue sur notre fascination/répulsion du personnage, qui balaye avec des partis pris surprenants, la vie de Claude François en questionnant un mythe et son art, en évoquant par le cadre et non par le verbiage (on se souvient du décevant L’Histoire d’un Mec sur Coluche), Siri, nous dépeint ici, et toujours en s’adressant complètement à nos sens et à nos émotions, les travers et les joies de l'une des figure iconique franco-française du XXème siècle.

Oubliez donc la vanité et l’ego que nous servent la plupart du temps les tacherons du cinéma français moralisateur, et plongez dans cette aventure immersive et monumentale qu’est Cloclo car il est la promesse (pour les optimistes) ou l’espoir (pour les réalistes) d’un cinéma sincère et viscéral qui s’adresse à notre cœur et à nos tripes plus qu'à notre intellect franchouillard.

mercredi 28 mars 2012

Travelling N°4 : Projet X : Le Subversif en Carton-Pâte



C’est un Film classé R auquel je m’attaque aujourd’hui, classé R, cela veut dire qu’il est interdit aux mineurs non-accompagnés aux Etats Unis. Oulala, du coup en plus des poncifs « Histoire Vraie », « Found Footage (vous avez vu hein ? comme dans Chronicle) » et « Je suis le mec qui a réalisé Very Bad Trip et j’approuve ce message », l’argument de vente « Film trash et interdit aux jeunes » s’ajoute à la longue liste argumentaire qui donne et donnera bien envie à ces mêmes jeunes de courir le voire… Je parle donc ainsi du très anecdotique et pour le moins criant de stupidité Projet X !

Bon, donc, pour ceux qui vivent au fin-fond de la Creuse, le principe du film c’est :
-          Trois ados clichés sans réelle consistance et un peu loser mais pas trop quand même (fortement pompés mais loin du compte des personnages de Superbad).
-          Une fête de folie organisée par l’un d’eux à l’insu de ses parents dans la maison familiale, qui va bien entendu tourner à l’émeute, mais qu’est-ce qu’elle est cool quand même cette soirée (avalanche d’alcool, de drogue et de boobs qui blaserait même mon petit cousin de 6ans).
-          Un pur son.
-          Et… et… heuuu

Bah c’est tout en fait, rien, nada… Projet X ne prétend pas avoir du sens, cela tombe bien, il en est vide… Le problème c’est qu’il n’en évoque même pas. Là ou Superbad (et je vais souvent répéter ce nom là et vous feriez bien de courir l’acheter au lieu de vous farcir la daube dont je parle) ou encore Les Lois de L’Attractions (autre immense film) construisaient ces personnages, nous racontaient une histoire, posaient de manière 100% décomplexée des problèmes sur le sex, l’alcool et la fête qui touchaient et touche encore tout à chacun, Projet X, n’est qu’un clip MTV de 1h30 dans lequel la seule préoccupation est de se vautrer dans la débauche pour oublier qu’on y est déjà et de tomber dans la surenchère pour cacher (est-ce encore possible ?) la vacuité du propos…

Je ne serais pas totalement de mauvaise foi : J’ai ri. Plusieurs fois même, j’ai voulu participer à cette soirée tout en y reconnaissant beaucoup de mes anciennes sauteries (pourquoi je dis anciennes moi ?). Mais comme lorsqu’on dépasse les 6 shots de Vodka Redbull, ma tension est vite retombée.
En effet, mis à part la bande son proche du dantesque, les artifices visuels font finalement peu d’effet (puisque le montage casse le rythme et ne rend pas bien la montée en puissance que l’on ressentait dans Very Bad Trip 1), l’argument de la réalisation en Found Footage (effectuée par un maître du clip et de la pub sans vision artistique) n’est justement qu’un argument puisqu’elle ne sert en aucun cas le fond (encore eut-il fallu qu’il y en eut un…) et finalement n’apporte que peu de chose à une version qui aurait été filmée « normalement » (il y a même de nombreux plans impossibles à prendre par une seule caméra), par ailleurs, le scénario ne semble pas être l’œuvre de deux personnes adultes (et pourtant…) mais a au moins le mérite de ne pas prétendre exister sous les monceaux de plans gratuits de fesses de hipsters qui se trémoussent sur Keany West.

Alors Pourquoi Projet X est-il indécent ? Parce qu’il prétend l’être justement (et rien que dans son titre rappelé une fois au début du film puis plus rien clik clak kodak). Est-ce un hasard si les fans de films de genre lui vomissent dessus tandis que les nouveaux rédacteurs du Figaro l’encensent ?

En vérité, bien irresponsable, ce film qui se dit réaliste (et non pas crédible, nuance à développer), veux tout avoir sans rien risquer puisque même après les dégâts de la soirée, personne ne semble en assumer aucune conséquence négative (et encore il ne semble pas y en avoir puisque les parents ne sont pas si fâchés que ça, la punition n’est pas si dure que ça, il n’y a eu aucun blessé après l’attentat au lance flamme et les accidents de voiture : bah oui ça nous gâcherait le plaisir), pire encore, le buzz positif de cette soirée est monté en épingle durant les dernières minutes du film lors desquelles on voit le héros convaincre en deux phrases sa petite amie cocue par la biatche du lycée de lui pardonner… Navrant.

Ce qu’il faudra donc retenir de Projet X, c’est que cette vidéo (à défaut de parler de film) surf sur tout ce qui marche aujourd’hui sans jamais en questionner le sens, ce qui, à mon avis montre un profond cynisme et un manque d’amour réel pour notre génération, quand bien même fût-elle vaine, folle, rebelle et dans l’excès le plus total.

Je vous donne donc une profonde recommandation : N’allez pas voir ce film au cinéma, télécharger le et offrez le à votre mère qui en appréciera le réalisme et vous félicitera de la ressemblance frappante de ton avec les pages sexo de son Elle préféré.

Enfin je vous intime l'ordre de vous mater : « Superbad »,  « Les Lois de l’Attraction », « Pump  the Volume » et surtout "Breakfast Club" ! qui vous ferons frémir, rire, pleurer, aimer, vivre sans jamais se foutre de votre gueule comme le fait Projet X...